[mon] CV
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Né en 1964, artiste français, vit à Nîmes ( de 2005 à 2011).
Selon sa propre définition, Copete est un «fils d’ouvrier espagnol qui grandit dans une HLM de banlieue parisienne. Après un bref passage à l’ENSBA, il étudie l’art en autodidacte.
Il se définit comme » artiste anonyme «, haïssant la bourgeoisie et vendant ses œuvres en fonction du salaire des gens. Il se souvient de sa mère lui disant : « Artiste, c’est quoi ce métier de riche ? «.
Reste que derrière ces commentaires largement teintés d’ironie… Un regard s’articule sur le monde et en l’occurrence sur les médias qui le dépeignent. Cette série « télé / visée » est le jeu/miroir auquel se livre tout un chacun, affalé devant un écran, confondant vie et passivité, ingurgitant tout et n’importe quoi, lorgnant du côté de la mort psychologique, défiguré par les photons électroniques, tel un Bacon. Comme il le dit lui-même, à l’instar d’un Houellebecq : « Le soir, je suis terriblement fatigué. J’ai pas l’énergie de la révolte. Alors on regarde ensemble la télé en silence. On mange froid. On bouquine ensuite. On baise de moins en moins. »
La peinture, le dessin, sont des techniques que l’on retrouve souvent comme base de formation sensible et sensuelle chez les artistes. Mais cette base évolue dans le flux des évènements créatifs et vécus, et peut, comme c’est le cas ici, devenir une recherche des volumes, des objets qui jalonnent la croûte terrestre.
La plasticité déambule alors, dans l’aléatoire du monde et de ses objets « transformés », comme le déclare Sylvain COPETE. Il dit, par ailleurs, que « le plus important est de ne pas se sentir enfermé ». Sous entendu, de ne pas s ‘imposer d’oeillères freinant une expérience artistique qui gagne, au contraire, à rencontrer plusieurs « chantiers » à la fois (les thèmes et les matières) pour laisser émerger différentes formes de démarches se rejoignant toujours quelque part.
Dans le cadre d’un travail « in situ », il porte une certaine importance à l’action, aux rencontres, faites sur un lieu qui comme un déclic feront agir ou non. Ayant pratiqué de « l’in situ » un peu sauvage (installations de pierres sur des plages par exemple), dans une présentation non-officielle d’oeuvres, il semble avoir approché l’anonymat dans son sens le plus large du terme : il s’agit plus de proposer une nouvelle vision du monde aux gens que de signer et de faire perdurer une trace quelconque « d’oeuvre d’art ». L’intérêt, ici, de l’éphémère est la transformation passagère : « tu vois un objet se transformer, mourrir ».
A propos du travail constitué de matériaux naturels comme l’installation dans le parc de la Maison d’Education de La Légion d’Honneur, il dit : « les feuilles, elles ne vivront qu’à cet instant là - tu ne te préoccupes pas de leur futur - je n’ai pas de souci de conservation. Ce qui m’intéresse, c’est de vivre des moments forts, dans l’instant ».
Sylvain COPETE relève un soucis essentiel « d’ART TOTAL » selon ses termes; un art « qui aille de la création à la monstration »; un Art où l’artiste ne délègue plus la forme d’exposition, la démarche présentée au public, aux commissaires d’expositions, pas plus qu’aux galeries, encore moins à certains organisateurs ambitieux du marché de l’ART.
Ce soucis se transforme donc en projet et prend une dimension didactique en construction actuellement : « Comment effacer le décalage actuel entre la création et la monstration ? Comment communiquer l’ART aujourd’hui » ?